Lecture 1 — Combat contre le chevalier Vermeil
- Lecture : Repérer les indices qui permettent de comprendre un personnage à travers ses actions
- Découvrir Perceval lors de son premier combat et comprendre ce que ses actions révèlent de lui
À quoi comprend-on que Perceval est encore loin d'être un vrai chevalier ?
Activités
- Entrée du programme : Devenir héroïne/héros : destins romanesques (récit, fiction)
- Œuvre : Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal (XIIe siècle) — roman de chevalerie
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment le récit des aventures de Perceval dessine-t-il le parcours d'apprentissage d'un héros dans lequel peut se projeter le lecteur ou la lectrice ?
- Compétence majeure : Lecture — Appréhender une œuvre : Comprendre et interpréter le parcours d'un ou de plusieurs personnages afin d'appréhender les enjeux de l'œuvre et la situer dans son contexte
- Compétences mineures :
- Lecture — Lire une œuvre : Poursuivre son apprentissage de lecteur autonome, contrôler sa compréhension
- Oral — Écouter : Écouter une production orale et en mémoriser les principaux éléments
- Vocabulaire — Enrichir : Mobiliser le vocabulaire nouveau pour améliorer ses productions écrites et orales
- Évaluation : Compréhension écrite sur un extrait de Perceval non étudié en classe (fin de séquence)
- Projet de production associé : PA2 — Écrire un récit de combat de chevalier (en groupe)
Rappels
Cliquez sur chaque définition pour retrouver le mot.
Activité 1 - Lire le texte
Écoutez la lecture audio du texte dans votre manuel numérique.
Combat contre le chevalier Vermeil
Le jeune homme se dirigea vers [le chevalier Vermeil] à vive allure pour prendre ses armes. [...] Il lui cria : « Mettez bas les armes, vous ne les porterez plus, c'est un ordre du roi Arthur. [...] Sachez bien que je vous frapperais si vous me lanterniez2 encore. » La colère s'empara du chevalier qui leva sa lance, l'empoignant à deux mains, et en donna au jeune homme un grand coup entre les deux épaules, d'un revers de la hampe3, si fort qu'il le fit tomber en avant sur l'encolure de son cheval. Alors la fureur s'empara du jeune homme qui se sentit blessé par le coup reçu. Il le visa à l'œil du mieux qu'il put et lança son javelot4. Avant qu'il ait entendu ou vu quoi que ce soit, l'autre est atteint à l'œil et au cerveau, si bien que derrière la nuque le sang et la cervelle se répandent. La douleur lui arrête le cœur, il tombe à la renverse, étendu raide mort.
Le jeune homme descend de cheval, met la lance de côté, lui retire l'écu5 suspendu à son cou, mais il ne peut venir à bout du heaume6 qu'il a sur la tête car il ne sait pas comment s'y prendre. De même il désire lui enlever son épée, mais il ne sait la faire sortir de son fourreau : il prend le fourreau et tire comme pour l'arracher.
Alors Yonet commence à rire en voyant le jeune homme si embarrassé. « Qu'est-ce que je vois, dit-il, mon ami, que faites-vous ? – Je ne sais trop quoi. Je pensais que votre roi m'avait donné ces armes, mais il faudra que je mette le mort en morceaux comme pour faire des brochettes avant d'emmener aucune de ses armes, car elles lui tiennent si bien au corps que le dehors et le dedans ne font qu'un. » [...] Aussitôt Yonet déshabille le mort et le déchausse jusqu'aux orteils. Il ne lui reste plus ni haubert7, ni chausses8, ni heaume sur la tête, ni aucune autre armure.
Mais le jeune homme ne voulait pas quitter ses propres vêtements et il ne voulait pas, malgré tout ce que pouvait lui dire Yonet, revêtir la confortable tunique en drap de soie, bien rembourrée, qu'enfilait sous son haubert le chevalier, de son vivant. [...] Il n'est pas facile de faire la leçon à un fou. Il ne veut rien prendre en dehors des armes, quelque prière qu'on lui fasse. Yonet [...] le revêt du haubert, le meilleur qui ait jamais existé, et sur la coiffe il lui met en place le heaume, qui lui va très bien ; quant à l'épée il lui enseigne comment la ceindre9 pour qu'elle pende sans être trop serrée. Puis il lui met le pied à l'étrier10 et le fait monter sur le destrier11 : l'autre n'avait jamais vu un étrier et il ne savait pas se servir des éperons12, mais seulement d'un fouet ou d'une badine13. Yonet lui apporte l'écu et la lance, puis les lui donne à tenir. [...] Alors ils se séparent et s'en vont.
© Éditions Gallimard, 1994.
Lisez le texte dans votre manuel numérique.
Activité 2 - Comprendre
Activité 3 - Repérer et interpréter
Activité 4 - Faire le bilan
Dans cet extrait, Perceval tue le chevalier Vermeil sans se battre de façon honorable. Il ignore tout du monde chevaleresque : il ne sait pas enlever une armure, se servir d'une épée ni monter à cheval avec des éperons. Sa mère l'a tenu éloigné du monde : c'est le tout début de son apprentissage.
Activité 5 - Vocabulaire
Cliquez sur chaque numéro pour découvrir le nom de l'équipement correspondant.