Évaluation — Yvain affronte un chevalier
- Lire et comprendre un texte de roman de chevalerie que l'on n'a pas étudié en classe
- Mobiliser les connaissances acquises sur le genre, les personnages et la langue pour répondre à des questions de compréhension et de langue
- Montrer que l'on est capable de lire seul un extrait de roman médiéval inconnu en s'appuyant sur ce que l'on a appris pendant la séquence
Support
Activités
- Entrée du programme : Devenir héroïne/héros : destins romanesques (récit, fiction)
- Œuvre : Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal (XIIe siècle) — roman de chevalerie
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment le récit des aventures de Perceval dessine-t-il le parcours d'apprentissage d'un héros dans lequel peut se projeter le lecteur ou la lectrice ?
- Compétence majeure : Lecture — Appréhender une œuvre : Comprendre et interpréter le parcours d'un ou de plusieurs personnages afin d'appréhender les enjeux de l'œuvre et la situer dans son contexte
- Compétences mineures :
- Lecture — Lire une œuvre : Poursuivre son apprentissage de lecteur autonome, contrôler sa compréhension
- Oral — Écouter : Écouter une production orale et en mémoriser les principaux éléments
- Vocabulaire — Enrichir : Mobiliser le vocabulaire nouveau pour améliorer ses productions écrites et orales
- Évaluation : Compréhension écrite sur un extrait de Perceval non étudié en classe (fin de séquence)
- Projet de production associé : PA2 — Écrire un récit de combat de chevalier (en groupe)
Sujet
Yvain, chevalier de la cour du roi Arthur, s'est rendu seul en forêt de Brocéliande. Il a versé de l'eau sur un perron magique, déclenchant une terrible tempête sur les terres d'un chevalier voisin. Soudain arrive ce chevalier, Esclados le Roux, « plus brûlant de colère qu'une braise » : il vient venger les dégâts causés sur ses terres.
Aussitôt qu'ils se furent mutuellement aperçus, les chevaliers se précipitèrent l'un sur l'autre et montrèrent par leurs actes qu'ils se haïssaient mortellement tous les deux. Chacun a une lance dure et forte et ils se donnent de si grands coups qu'ils transpercent tous deux leurs écus suspendus à leurs cous, que leurs hauberts se déchirent, que leurs lances se fendent et volent en éclats et que les tronçons1 sautent en l'air.
Ils s'attaquent à l'épée, et, à force de frapper, ils finissent par couper les courroies des écus et par déchiqueter2 entièrement ces derniers, et par-dessus et par-dessous, si bien que les lambeaux en pendent et qu'ils ne peuvent ni s'en couvrir ni s'en protéger. En effet, ils en ont si bien fait de la dentelle, que c'est en toute liberté que, sur les flancs3, sur les bras et sur les hanches, ils se frappent de leurs épées étincelantes. Férocement, ils s'affrontent, sans jamais bouger de la même position, pas plus que s'ils étaient deux rochers de grès.
Jamais encore deux chevaliers n'avaient été aussi acharnés à hâter leur mort. Ils n'ont aucune envie de gaspiller leurs coups, car ils les assènent4 du mieux qu'ils peuvent : les heaumes se cabossent et fléchissent et les mailles des hauberts volent, si bien qu'ils ôtent pas mal de sang. Les hauberts sont si échauffés par leurs propres corps, qu'ils ne leur sont guère plus utiles qu'un froc5. En plein visage, ils se frappent d'estoc6, et c'est merveille qu'une bataille aussi féroce et aussi dure se prolonge tant.
Mais tous deux ont un si grand courage, qu'à aucun prix l'un n'abandonnerait à l'autre un seul pied de terrain, s'il ne le blessait à mort. Sur un point précis, ils se comportèrent en hommes parfaitement respectueux des règles : pas un instant, à aucun endroit, ils ne frappèrent ni ne blessèrent leurs chevaux : ce n'était ni leur intention ni leur façon de faire ; mais continuellement, ils se tinrent à cheval, sans mettre pied à terre une seule fois : ainsi la bataille en fut-elle plus belle.
À la fin, monseigneur Yvain fendit en quatre le heaume du chevalier. Sous l'effet du choc, l'autre fut secoué comme par un coup de tonnerre et vidé de sa force : il se trouva paralysé. Jamais il n'avait essuyé un coup aussi terrible : notre héros lui avait fendu la tête jusqu'au cerveau. L'autre en ressentit une si grande douleur qu'il faillit en mourir. S'il s'enfuit, il ne se mit pas dans son tort, car il se sentait blessé à mort ; il ne lui servait à rien de se défendre. Se ressaisissant, il s'enfuit aussitôt vers son château.
Sujet :
Nature :
« Ils n'ont aucune envie de gaspiller leurs coups, car ils les assènent du mieux qu'ils peuvent. »
Correction
Yvain affronte un chevalier…
Aussitôt qu'ils se furent mutuellement aperçus, les chevaliers se précipitèrent l'un sur l'autre et montrèrent par leurs actes qu'ils se haïssaient mortellement tous les deux. Chacun a une lance dure et forte et ils se donnent de si grands coups qu'ils transpercent tous deux leurs écus suspendus à leurs cous, que leurs hauberts se déchirent, que leurs lances se fendent et volent en éclats et que les tronçons1 sautent en l'air.
Ils s'attaquent à l'épée, et, à force de frapper, ils finissent par couper les courroies des écus et par déchiqueter2 entièrement ces derniers, et par-dessus et par-dessous, si bien que les lambeaux en pendent et qu'ils ne peuvent ni s'en couvrir ni s'en protéger. En effet, ils en ont si bien fait de la dentelle, que c'est en toute liberté que, sur les flancs3, sur les bras et sur les hanches, ils se frappent de leurs épées étincelantes. Férocement, ils s'affrontent, sans jamais bouger de la même position, pas plus que s'ils étaient deux rochers de grès.
Jamais encore deux chevaliers n'avaient été aussi acharnés à hâter leur mort. Ils n'ont aucune envie de gaspiller leurs coups, car ils les assènent4 du mieux qu'ils peuvent : les heaumes se cabossent et fléchissent et les mailles des hauberts volent, si bien qu'ils ôtent pas mal de sang. Les hauberts sont si échauffés par leurs propres corps, qu'ils ne leur sont guère plus utiles qu'un froc5. En plein visage, ils se frappent d'estoc6, et c'est merveille qu'une bataille aussi féroce et aussi dure se prolonge tant.
Mais tous deux ont un si grand courage, qu'à aucun prix l'un n'abandonnerait à l'autre un seul pied de terrain, s'il ne le blessait à mort. Sur un point précis, ils se comportèrent en hommes parfaitement respectueux des règles : pas un instant, à aucun endroit, ils ne frappèrent ni ne blessèrent leurs chevaux : ce n'était ni leur intention ni leur façon de faire ; mais continuellement, ils se tinrent à cheval, sans mettre pied à terre une seule fois : ainsi la bataille en fut-elle plus belle.
À la fin, monseigneur Yvain fendit en quatre le heaume du chevalier. Sous l'effet du choc, l'autre fut secoué comme par un coup de tonnerre et vidé de sa force : il se trouva paralysé. Jamais il n'avait essuyé un coup aussi terrible : notre héros lui avait fendu la tête jusqu'au cerveau. L'autre en ressentit une si grande douleur qu'il faillit en mourir. S'il s'enfuit, il ne se mit pas dans son tort, car il se sentait blessé à mort ; il ne lui servait à rien de se défendre. Se ressaisissant, il s'enfuit aussitôt vers son château.
Toute citation du texte montrant la violence est acceptée, à condition d'être expliquée.
Les deux positions sont acceptées si elles s'appuient sur le texte.
Formes à modifier : Ils n'ont → Yvain n'a · leurs coups → ses coups · ils les assènent → il les assène · qu'ils peuvent → qu'il peut.0,5 pt par forme correcte × 4