Lecture 4 – Le dénouement

p. 232-233
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Captation — Le Médecin malgré lui, compagnie Colette Roumanoff

Activités

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Mots de la séance précédente

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La scène d'exposition
La comédie
Molière
Une didascalie

Activité 1 - Lire le texte et visionner la captation

Avant la lecture
Que risque Sganarelle pour avoir aidé Léandre et Lucinde à s'enfuir, selon vous ?

Le dénouement

Lucinde et Léandre ont quitté la maison de Géronte avec le projet de se marier secrètement. Lucas annonce leur fuite à Géronte et dénonce la complicité de Sganarelle.

Acte III – scène 9
MARTINE, SGANARELLE, LUCAS

1 MARTINE. – Ah ! Mon Dieu ! Que j'ai eu de peine à trouver ce logis ! Dites-moi un peu des nouvelles du médecin que je vous ai donné.
LUCAS. – Le velà qui va être pendu.
5 MARTINE. – Quoi ? Mon mari pendu ! Hélas ! Et qu'a-t-il fait pour cela ?
LUCAS. – Il a fait enlever la fille de notre maître.
MARTINE. – Hélas ! Mon cher mari, est-il bien vrai qu'on te va pendre ?
SGANARELLE. – Tu vois. Ah !
MARTINE. – Faut-il que tu te laisses mourir en présence de tant de gens ?
10 SGANARELLE. – Que veux-tu que j'y fasse ?
MARTINE. – Encore, si tu avais achevé de couper notre bois, je prendrais quelque consolation.
SGANARELLE. – Retire-toi de là, tu me fends le cœur.
MARTINE. – Non, je veux demeurer pour t'encourager à la mort et je ne te quitterai point que je ne t'aie vu pendu.
15 SGANARELLE. – Ah !

Acte III – scène 10
GÉRONTE, SGANARELLE, MARTINE, LUCAS

20 GÉRONTE, à Sganarelle. – Le commissaire viendra bientôt et l'on s'en va vous mettre en lieu où l'on me répondra de vous1.
SGANARELLE, le chapeau à la main. – Hélas ! cela ne se peut-il point changer en quelques coups de bâton2 ?
GÉRONTE. – Non, non : la justice en ordonnera3… Mais que vois-je ?

Acte III – scène 11 et dernière
LÉANDRE, LUCINDE, JACQUELINE, LUCAS, GÉRONTE, SGANARELLE, MARTINE

25 LÉANDRE. – Monsieur, je tiens à faire paraître Léandre à vos yeux et remettre Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu dessein4 de prendre la fuite nous deux et de nous aller marier ensemble ; mais cette entreprise a fait place à un procédé plus honnête. Je ne prétends point vous voler
30 votre fille et ce n'est que de votre main que je veux la recevoir. Ce que je vous dirai, monsieur, c'est que je viens tout à l'heure de recevoir des lettres, par où j'apprends que mon oncle est mort et que je suis héritier de tous ses biens.
35 GÉRONTE. – Monsieur, votre vertu m'est tout à fait considérable et je vous donne ma fille avec la plus grande joie du monde.
SGANARELLE. – La médecine l'a échappé belle !
MARTINE. – Puisque tu ne seras point pendu, rends-moi grâce d'être médecin, car c'est moi qui t'ai procuré cet honneur.
40 SGANARELLE. – Oui, c'est toi qui m'as procuré je ne sais combien de coups de bâton.
LÉANDRE, à Sganarelle. – L'effet en est trop beau pour en garder du ressentiment.
45 SGANARELLE. – Soit, je te pardonne ces coups de bâton en faveur de la dignité où tu m'as élevé ; mais prépare-toi désormais à vivre dans un grand respect avec un homme de ma conséquence5 et songe que la colère d'un médecin est plus à craindre qu'on ne peut croire.
FIN

Molière, Le Médecin malgré lui, Acte III, scènes 9, 10 et 11, 1666.
De plumes et de pages 6e, Magnard, 2025, p. 232-233.
1. l'on me répondra de vous : on donnera des informations sûres à votre sujet. 2. coups de bâton : allusion aux coups que Sganarelle a déjà reçus au début de la pièce. 3. en ordonnera : en décidera. 4. dessein : projet. 5. de ma conséquence : de mon importance.

Lisez le texte dans votre manuel numérique.

Activité 2 - Comprendre

Que risque Sganarelle dans la scène 9 ? Pourquoi ?
Sganarelle risque d'être pendu. On l'accuse d'avoir aidé Léandre à enlever la fille de Géronte.
Dans la scène 10, que propose naïvement Sganarelle à Géronte pour éviter la punition ?
Sganarelle demande si on ne pourrait pas remplacer la punition par des coups de bâton — comme si c'était une chose normale pour lui.
Qui arrive à la scène 11 et comment cela change-t-il la situation de Sganarelle ?
Léandre arrive et annonce qu'il vient d'hériter de tous les biens de son oncle. Géronte lui donne alors sa fille — et Sganarelle est sauvé.

Activité 3 - Repérer et interpréter

Relisez les lignes 31-34. Qu'est-ce que Léandre annonce à Géronte ? Est-ce qu'on s'y attendait ?
L'événement inattendu est l'annonce de la mort de l'oncle de Léandre : il apprend qu'il est désormais « héritier de tous ses biens » (l. 34). Ce retournement soudain s'appelle un coup de théâtre : la situation bascule d'un coup, sans que le spectateur l'ait prévu.

Relisez la réplique de Géronte lignes 35-36. Qu'est-ce qui a changé entre le début et la fin de la pièce dans la situation de Léandre ? Qu'est-ce que Géronte avait refusé au début ?
Géronte accepte Léandre uniquement parce qu'il est devenu riche : il lui donne sa fille « avec la plus grande joie du monde » (l. 35-36), alors qu'il le refusait au début. Cela révèle son comique de caractère : Géronte est avare et cupide — il choisit le gendre en fonction de l'argent, pas de l'amour de sa fille.

Sganarelle dit « je te pardonne ces coups de bâton » comme si c'était lui le plus important. Est-ce que c'est vraiment lui qui avait le pouvoir ? Qui l'a réellement sauvé ?
Sganarelle se donne une image de personnage puissant et important : il s'adresse à Martine et lui pardonne les coups de bâton « en faveur de la dignité » où elle l'a élevé en le faisant passer pour un médecin (l. 45-46), comme un grand seigneur qui accorde sa grâce. C'est comique parce que Sganarelle se comporte comme un grand personnage alors qu'il n'a rien fait pour mériter cette situation — il a failli être pendu et c'est Léandre qui l'a sauvé.

Activité 4 - Faire le bilan

4. Dans ce dénouement, la ruse de Sganarelle se retourne-t-elle contre lui ou en sa faveur ? Expliquez comment la pièce se termine pour chacun.
La ruse de Sganarelle se retourne finalement en sa faveur : il était condamné, mais l'arrivée de Léandre le sauve. Léandre obtient Lucinde grâce à son héritage. Géronte accepte ce mariage pour l'argent. Martine est contente que son mari ne soit pas pendu. Sganarelle, lui, joue les grands seigneurs jusqu'à la fin — et fait rire une dernière fois.
Bilan :
Dans ce dénouement, toutes les tensions de la pièce se résolvent grâce à un coup de théâtre : l'arrivée inattendue de Léandre, devenu riche héritier, bouleverse la situation en un instant. Géronte, poussé par l'argent, donne enfin sa fille à Léandre, et Sganarelle est sauvé de la potence. Jusqu'à la dernière réplique, Molière maintient le comique : Sganarelle, qui n'a rien fait pour mériter sa liberté, se donne des airs de grand médecin et pardonne les coups de bâton comme un seigneur.

Activité 5 - Retour sur ma lecture

Retour sur ma lecture Projet d'apprentissage : Le Médecin malgré lui
… est un bûcheron paresseux et ivrogne transformé en médecin malgré lui grâce à la ruse de sa femme.
… utilise la ruse et le mensonge pour se sortir de toutes les situations difficiles.
… fait rire le spectateur par ses défauts, ses bêtises et sa prétention.
… est sauvé in extremis au dénouement — non pas grâce à lui, mais grâce à Léandre.

2. La stratégie qui m'a le plus aidé à comprendre les textes du projet :

— Identifier l'intention de l'auteur : comprendre pourquoi Molière a écrit cette comédie et comment il cherche à faire rire le spectateur.
— Faire des liens : relier les scènes entre elles pour suivre la progression de la ruse de Sganarelle d'un extrait à l'autre.
— Faire une inférence : deviner ce que les personnages pensent vraiment ou ce que Molière veut dire sans l'écrire directement.