Jouer une scène de théâtre
- Lire à voix haute, avec aisance et expressivité, un texte de théâtre en regardant l'auditoire.
- Interpréter un personnage comique en utilisant les ressources de la voix et du corps.
- Préparer et jouer en groupe de 2 à 4 élèves une courte scène du Médecin malgré lui devant la classe.
Comment passer du texte écrit au jeu pour faire vivre une scène devant un public ?
Activités
- Entrée du programme : Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action
- Œuvre : Le Médecin malgré lui, Molière, 1666 — De plumes et de pages 6e, Magnard, 2025
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment passer du texte écrit au jeu pour faire vivre une scène devant un public ?
- Compétence majeure : Oral — Participer à des échanges verbaux ; s'exprimer à l'oral de façon préparée en tenant compte de l'auditoire et des caractéristiques du texte théâtral
- Compétences mineures :
- Écriture — Produire des écrits variés
- Évaluation : Auto-évaluation et co-évaluation par les camarades à partir de la grille des 5 codes du jeu (/20 + bonus mémorisation : +1 point par élève qui joue sans son texte)
- Projet d'apprentissage associé : PA8 — Le Médecin malgré lui (Lecture)
Présentation du projet
- Vous avez le choix entre cinq scènes tirées de la pièce que vous venez d'étudier (section B).
- Vous pouvez jouer avec votre texte à la main (lecture jouée) ou sans texte (jeu mémorisé).
- Bonus mémorisation : chaque élève qui joue sans son texte gagne +1 point sur la note finale.
Vous connaissez déjà la pièce : vous l'avez lue et étudiée dans le projet précédent. Pour préparer votre passage, vous allez relire votre scène et la travailler étape par étape — la voix, le corps, la répétition, la représentation.
Observez ce passage : il vous montre comment annoter votre scène avant de la jouer. Pour chaque réplique, on note le ton, le volume et le geste ou la posture à donner. Vous ferez la même chose avec votre propre scène en séance 2 et 3.
→ volume : fort
→ geste : je lève le bâton
→ volume : fort
→ corps : je me tourne vers Sganarelle
→ volume : plus fort
→ geste : j'avance d'un pas
→ volume : fort
→ regard : droit dans les yeux
→ volume : très fort
→ corps : je brandis le bâton
Ces cinq règles s'appliquent à toutes les scènes. Vérifiez-les avant votre passage et pendant vos répétitions.
Ces mots et ces conseils peuvent vous aider à préparer votre scène et à parler du jeu théâtral.
Préparer la mise en scène
Vous avez le choix entre cinq scènes du Médecin malgré lui. Choisissez votre scène en fonction de la composition de votre groupe (2, 3 ou 4 élèves). Cliquez sur une scène pour lire le texte.
SGANARELLE. – Ma femme, vous savez que je n'ai pas l'âme endurante et que j'ai le bras assez bon.
MARTINE. – Je me moque de tes menaces.
SGANARELLE. – Ma petite femme, ma mie, votre peau vous démange, à votre ordinaire.
MARTINE. – Je te montrerai bien que je ne te crains nullement.
SGANARELLE. – Je vous battrai.
MARTINE. – Sac à vin !
SGANARELLE. – Je vous rosserai.
MARTINE. – Infâme !
SGANARELLE. – Je vous étrillerai.
MARTINE. – Traître, insolent, trompeur, lâche, coquin, pendard, gueux, bélitre, fripon, maraud, voleur… !
SGANARELLE, il prend un bâton et lui en donne. – Ah ! Vous en voulez donc !
MARTINE. – Ah, ah, ah, ah !
SGANARELLE. – Voilà le vrai moyen de vous apaiser.
SGANARELLE. – Eh bien ! De quoi est-il question ? Qu'avez-vous ? Quel est le mal que vous sentez ?
LUCINDE, répond par signes, en portant la main à sa bouche, à sa tête et son menton. – Han, hi, hom, han.
SGANARELLE. – Eh ! Que dites-vous ?
LUCINDE, continue les mêmes gestes. – Han, hi, hon, han, han, hi, hom.
SGANARELLE. – Quoi ?
LUCINDE. – Han, hi, hom.
SGANARELLE, la contrefaisant. – Han, hi, hon, han ha. Je ne vous entends point. Quel diable de langage est-ce là ?
GÉRONTE. – Monsieur, c'est là sa maladie. Elle est devenue muette, sans qu'on en ait pu savoir la cause et c'est un accident qui a fait reculer son mariage.
SGANARELLE. – Et pourquoi ?
GÉRONTE. – Celui qu'elle doit épouser veut attendre sa guérison pour conclure les choses.
SGANARELLE. – Et qui est ce sot-là, qui ne veut pas que sa femme soit muette ? Plût à Dieu que la mienne eût cette maladie ! Je me garderais bien de la vouloir guérir.
GÉRONTE. – Oui, mais je voudrais bien que vous me pussiez dire d'où cela vient.
SGANARELLE. – Il n'est rien de plus aisé. Cela vient de ce qu'elle a perdu la parole.
GÉRONTE. – Fort bien ; mais la cause, s'il vous plaît, qui fait qu'elle a perdu la parole ?
SGANARELLE, levant le bras depuis le coude. – Entendez-vous le latin ?
GÉRONTE. – En aucune façon.
SGANARELLE, en faisant diverses plaisantes postures. – Cabricias arci thuram, catalamus, singulariter, nominativo, hœc Musa, la Muse, bonus, bona, bonum, Deus sanctus, estne oratio latinas ? Etiam, oui. Quare, pourquoi ? Quia substantivo et adjectivum, concordat in generi, numerum et casus.
GÉRONTE. – Ah ! Que n'ai-je étudié !
JACQUELINE. – L'habile homme que velà !
LUCINDE. – Oui, mon père, j'ai recouvré la parole ; mais je l'ai recouvrée pour vous dire que je n'aurai jamais d'autre époux que Léandre et que c'est inutilement que vous voulez me donner Horace.
GÉRONTE. – Mais…
LUCINDE. – Rien n'est capable d'ébranler la résolution que j'ai prise. Mon cœur ne saurait se soumettre à cette tyrannie.
GÉRONTE. – La…
LUCINDE. – Et je me jetterai plutôt dans un couvent que d'épouser un homme que je n'aime point.
GÉRONTE. – Mais…
LUCINDE, parlant d'un ton de voix à étourdir. – Non. En aucune façon. Point d'affaires. Vous perdez le temps. Je n'en ferai rien. Cela est résolu.
GÉRONTE. – Ah ! Quelle impétuosité de paroles ! Il n'y a pas moyen d'y résister. Monsieur, je vous prie de la faire redevenir muette.
SGANARELLE. – C'est une chose qui m'est impossible. Tout ce que je puis faire pour votre service est de vous rendre sourd, si vous voulez.
LUCAS. – Le velà qui va être pendu.
MARTINE. – Quoi ? Mon mari pendu ! Hélas ! Et qu'a-t-il fait pour cela ?
LUCAS. – Il a fait enlever la fille de notre maître.
MARTINE. – Hélas ! Mon cher mari, est-il bien vrai qu'on te va pendre ?
SGANARELLE. – Tu vois. Ah !
MARTINE. – Faut-il que tu te laisses mourir en présence de tant de gens ?
SGANARELLE. – Que veux-tu que j'y fasse ?
MARTINE. – Encore, si tu avais achevé de couper notre bois, je prendrais quelque consolation.
SGANARELLE. – Retire-toi de là, tu me fends le cœur.
MARTINE. – Non, je veux demeurer pour t'encourager à la mort et je ne te quitterai point que je ne t'aie vu pendu.
SGANARELLE. – Ah !
Léandre arrive.
LÉANDRE. – Je viens tout à l'heure de recevoir des lettres, par où j'apprends que mon oncle est mort et que je suis héritier de tous ses biens.
SGANARELLE. – La médecine l'a échappé belle !
MARTINE. – Puisque tu ne seras point pendu, rends-moi grâce d'être médecin, car c'est moi qui t'ai procuré cet honneur.
SGANARELLE. – Oui, c'est toi qui m'as procuré je ne sais combien de coups de bâton.
LÉANDRE, à Sganarelle. – L'effet en est trop beau pour en garder du ressentiment.
SGANARELLE. – Soit, je te pardonne ces coups de bâton en faveur de la dignité où tu m'as élevé ; mais songe que la colère d'un médecin est plus à craindre qu'on ne peut croire.
ma scène
voix, gestes, déplacements
mes répliques
ma scène