Évaluation – Le conte merveilleux

p. 82-83
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Évaluation – La Belle et la Bête
Évaluation — Le conte merveilleux

La Belle a décidé de se sacrifier pour sauver son père et elle est devenue la prisonnière de la Bête. En visitant le château, elle comprend que la Bête n'a pas l'intention de lui faire du mal.

Le soir, comme elle allait se mettre à table, elle entendit le bruit que faisait la Bête, et ne put s'empêcher de frémir1.
« La Belle, lui dit ce monstre, voulez-vous bien que je vous voie souper ?
— Vous êtes le maître, répondit la Belle en tremblant.
— Non, répondit la Bête ; il n'y a ici de maîtresse que vous ; vous n'avez qu'à me dire de m'en aller si je vous ennuie, je sortirai tout de suite. Dites-moi : n'est-ce pas, que vous me trouvez bien laid ?
— Cela est vrai, dit la Belle, car je ne sais pas mentir ; mais je crois que vous êtes fort bon.
— Vous avez raison, dit le monstre ; mais, outre que je suis laid, je n'ai point d'esprit : je sais bien que je ne suis qu'une bête.
— On n'est pas bête, reprit la Belle, quand on croit n'avoir point d'esprit : un sot2 n'a jamais su cela.
— Mangez donc, la Belle, lui dit le monstre, et tâchez de ne vous point ennuyer dans votre maison ; car tout ceci est à vous. J'aurais du chagrin si vous n'étiez pas contente.
— Vous avez bien de la bonté, dit la Belle. Je vous avoue que je suis bien contente de votre cœur : quand j'y pense, vous ne me paraissez plus si laid.
— Oh ! dame oui ! répondit la Bête, j'ai le cœur bon, mais je suis un monstre.
— Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous, dit la Belle ; et je vous aime mieux avec votre figure que ceux qui, avec la figure d'homme, cachent un cœur faux, corrompu, ingrat.
— Si j'avais de l'esprit, reprit la Bête, je vous ferais un grand compliment pour vous remercier ; mais je suis un stupide, et tout ce que je puis vous dire, c'est que je vous suis bien obligé. »
La Belle soupa de bon appétit. Elle n'avait presque plus peur du monstre ; mais elle manqua mourir de frayeur lorsqu'il lui dit :
« La Belle, voulez-vous être ma femme ?
Elle fut quelque temps sans répondre : elle avait peur d'exciter la colère du monstre en le refusant, elle lui dit pourtant en tremblant :
« Non, la Bête ».
Dans le moment ce pauvre monstre voulut soupirer, et il fit un sifflement si épouvantable, que tout le palais en retentit ; mais la Belle fut bientôt rassurée, car la Bête lui ayant dit tristement : « Adieu donc, la Belle », sortit de la chambre, en se retournant de temps en temps pour la regarder encore. Belle, se voyant seule, sentit une grande compassion3 pour cette pauvre Bête.
« Hélas ! disait-elle, c'est bien dommage qu'elle soit si laide, elle est si bonne ! »

1 frémir : trembler.    2 sot : idiot.    3 compassion : pitié, sentiment de tristesse devant le malheur d'autrui.

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, Contes moraux pour l'instruction de la jeunesse, « La Belle et la Bête », 1757. — De plumes et de pages 6e, Magnard, 2025, p. 82-83.
Nom, Prénom :                                        Classe :
/ 20
Compréhension du texte14 points
1. Où se trouve la Belle dans ce passage ? Avec qui dîne-t-elle ? (3 pts)
2. La Bête demande à la Belle si elle la trouve laide. Que répond la Belle, et pourquoi ? (2 pts)
3. La Bête dit qu'elle n'a « point d'esprit ». Que lui répond la Belle ? (2 pts)
4. À la fin du dîner, que ressent la Belle envers la Bête ? Justifiez avec un élément du texte. (2 pts)
5. La Bête demande à la Belle de l'épouser. Comment réagit la Belle ? Pourquoi a-t-elle peur de la mettre en colère ? (2 pts)
6. Dans ce passage, la Bête semble à la fois terrifiante et bienveillante. Relevez un élément qui la rend effrayante et un élément qui montre sa bonté. (3 pts)
Questions de langue6 points
7. Dans la phrase « La Belle soupa de bon appétit », donnez la nature et la fonction du groupe de mots La Belle. (2 pts)

Nature : 

Fonction : 

8. Dans la phrase « elle manqua mourir de frayeur », que signifie le mot frayeur ? Cochez la bonne réponse. (2 pts)
9. Réécrivez la phrase suivante en remplaçant elle par elles et en faisant tous les changements nécessaires : « Elle avait peur de mettre la Bête en colère en la refusant, elle lui dit pourtant en tremblant : "Non, la Bête." » (2 pts)

Correction

J.-M. Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête

La Belle a décidé de se sacrifier pour sauver son père et elle est devenue la prisonnière de la Bête. En visitant le château, elle comprend que la Bête n'a pas l'intention de lui faire du mal.

Le soir, comme elle allait se mettre à table, elle entendit le bruit que faisait la Bête, et ne put s'empêcher de frémir1.

« La Belle, lui dit ce monstre, voulez-vous bien que je vous voie souper ?
— Vous êtes le maître, répondit la Belle en tremblant.
— Non, répondit la Bête ; il n'y a ici de maîtresse que vous ; vous n'avez qu'à me dire de m'en aller si je vous ennuie, je sortirai tout de suite. Dites-moi : n'est-ce pas, que vous me trouvez bien laid ?
— Cela est vrai, dit la Belle, car je ne sais pas mentir ; mais je crois que vous êtes fort bon.
— Vous avez raison, dit le monstre ; mais, outre que je suis laid, je n'ai point d'esprit : je sais bien que je ne suis qu'une bête.
— On n'est pas bête, reprit la Belle, quand on croit n'avoir point d'esprit : un sot2 n'a jamais su cela.
— Mangez donc, la Belle, lui dit le monstre, et tâchez de ne vous point ennuyer dans votre maison ; car tout ceci est à vous. J'aurais du chagrin si vous n'étiez pas contente.
— Vous avez bien de la bonté, dit la Belle. Je vous avoue que je suis bien contente de votre cœur : quand j'y pense, vous ne me paraissez plus si laid.
— Oh ! dame oui ! répondit la Bête, j'ai le cœur bon, mais je suis un monstre.
— Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous, dit la Belle ; et je vous aime mieux avec votre figure que ceux qui, avec la figure d'homme, cachent un cœur faux, corrompu, ingrat.
— Si j'avais de l'esprit, reprit la Bête, je vous ferais un grand compliment pour vous remercier ; mais je suis un stupide, et tout ce que je puis vous dire, c'est que je vous suis bien obligé. »

La Belle soupa de bon appétit. Elle n'avait presque plus peur du monstre ; mais elle manqua mourir de frayeur lorsqu'il lui dit :

« La Belle, voulez-vous être ma femme ?
Elle fut quelque temps sans répondre : elle avait peur d'exciter la colère du monstre en le refusant, elle lui dit pourtant en tremblant :
« Non, la Bête ».

Dans le moment ce pauvre monstre voulut soupirer, et il fit un sifflement si épouvantable, que tout le palais en retentit ; mais la Belle fut bientôt rassurée, car la Bête lui ayant dit tristement : « Adieu donc, la Belle », sortit de la chambre, en se retournant de temps en temps pour la regarder encore. Belle, se voyant seule, sentit une grande compassion3 pour cette pauvre Bête.

« Hélas ! disait-elle, c'est bien dommage qu'elle soit si laide, elle est si bonne ! »

1 frémir : trembler.    2 sot : idiot.    3 compassion : pitié, sentiment de tristesse devant le malheur d'autrui.
Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, Contes moraux pour l'instruction de la jeunesse, « La Belle et la Bête », 1757. — De plumes et de pages 6e, Magnard, 2025, p. 82-83.
Compréhension du texte 14 points
La Belle se trouve dans le château de la Bête. Elle dîne avec la Bête, le monstre qui la retient prisonnière. 3 pts : lieu correct (1 pt) + personnage correct (1 pt) + phrase complète (1 pt) — 2 pts si réponse juste mais incomplète

La Belle répond que oui, la Bête est laide, parce qu'elle ne sait pas mentir. Mais elle ajoute qu'elle croit que la Bête est bonne. 2 pts : laideur reconnue + raison (elle ne sait pas mentir) — 1 pt si un seul élément

La Belle lui répond qu'on n'est pas bête quand on croit n'avoir point d'esprit, car un sot n'a jamais su cela. 2 pts : sens de la réponse compris (1 pt) + appui sur le texte (1 pt)

La Belle ressent de la compassion pour la Bête. Elle pense : « c'est bien dommage qu'elle soit si laide, elle est si bonne ! » 2 pts : sentiment juste (1 pt) + citation ou référence au texte (1 pt)

La Belle refuse : elle dit « Non, la Bête » en tremblant. Elle a peur de la mettre en colère parce qu'elle est prisonnière dans le château. 2 pts : refus (1 pt) + raison de la peur (1 pt)

Effrayante : son sifflement « si épouvantable que tout le palais en retentit ». Bienveillante : elle dit à la Belle que le château est à elle et qu'elle aura du chagrin si elle n'est pas contente. 3 pts : élément effrayant (1 pt) + élément de bonté (1 pt) + les deux ancrés dans le texte (1 pt)

Questions de langue 6 points
Nature : groupe nominal (GN). Fonction : sujet du verbe soupa. 2 pts : nature juste (1 pt) + fonction juste (1 pt)

Bonne réponse : une grande peur soudaine. 2 pts : bonne case cochée — 0 pt sinon

« Elles avaient peur de mettre la Bête en colère en la refusant, elles lui dirent pourtant en tremblant : "Non, la Bête." » 2 pts : avaient juste (1 pt) + dirent juste (1 pt)