Lecture 2 – Un maître et son valet
- Lire et comprendre une scène de comédie — repérer ce qui fait rire dans le comportement d'un personnage.
- Identifier des effets de style simples (la répétition) et commencer à s'interroger sur leur fonction.
- Comprendre ce qui rend Géronte ridicule et repérer comment la répétition d'une réplique crée un effet comique.
Comment Molière fait-il de Géronte un personnage comique ?
Activités
- Entrée du programme : Avec autrui : famille, amis, réseaux — Cycle 4, 5e
- Œuvre : Les Fourberies de Scapin, Molière, 1671
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment Scapin, simple valet, utilise-t-il la ruse et le mensonge pour faire rire le spectateur ?
- Compétence majeure : Lire — Comprendre et interpréter le parcours d'un personnage afin d'appréhender les enjeux de l'œuvre et la situer dans son contexte
- Compétences mineures :
- Oral — Comparer les langages différents d'une œuvre littéraire et d'une œuvre artistique (extraits de mises en scène)
- Écriture — Écrire un texte personnel pour rendre compte de sa réception et s'approprier sa lecture
- Évaluation : Les aveux de Scapin — Acte II, scène 3 (Octave / Scapin / Léandre)
- Projet de production associé : PA 8 — Jouer une scène de théâtre
Rappels
Activité 1 - Lire le texte
Écoutez la lecture audio du texte dans votre manuel numérique.
Les Fourberies de Scapin, acte II, scène 7
Scapin — Monsieur, votre fils est dans une peine, une peine terrible.
Géronte — Qu'est-ce donc ? Qu'y a-t-il ?
Scapin — Je le trouvai, il n'y a pas longtemps, tout triste, de je ne sais quoi que vous lui avez dit, et pour dissiper sa mélancolie, je l'emmenai promener sur le port. Là, entre autres choses, nous avisâmes une galère turque assez bien équipée. Un jeune Turc de bonne mine nous invita d'y entrer, et nous donna la collation1 la plus propre du monde. Cependant que nous mangions, il fit mettre la galère en mer, et se voyant en pleine eau, il me fit mettre dans un esquif2 et m'envoya à terre ; et il m'ordonne d'aller vous dire que si vous ne lui envoyez pas dans deux heures cinq cents écus, il va passer votre fils en Turquie.
Géronte — Comment, cinq cents écus !
Scapin — Oui. Et encore n'a-t-il pas beaucoup de temps.
Géronte — Ah ! le traître de Turc ! Que diable allait-il faire dans cette galère ?
Scapin — Il ne songeait pas à ce malheur.
Géronte — Il faut, Scapin, que tu fasses dans cette affaire quelque chose pour moi.
Géronte — Je vais envoyer la justice après lui.
Scapin — La justice, en pleine mer ! Vous vous moquez. D'ailleurs vous perdriez trop de temps, et votre fils risquerait d'être emmené avant que vous eussiez rien fait.
Géronte — Que diable allait-il faire dans cette galère ?
Scapin — Ne vous amusez point, de grâce, à répéter ce mot inutilement, mais songez à me donner vite de l'argent pour le tirer de là.
Géronte — Tiens, voilà la clef de mon armoire.
Scapin — Bon.
Géronte — Tu l'ouvriras.
Scapin — Bon.
Géronte — Tu trouveras une grande clef du côté gauche qui est la clef de mon grenier.
Scapin — Bon.
Géronte — Tu monteras là haut, et tu vendras toutes les hardes3 que tu trouveras dans un vieux coffre.
Scapin — Bon. Et puis ?
Géronte — Que diable allait-il faire dans cette galère ?
Scapin — Oui, mais hâtez-vous, votre fils risque d'être mené en Turquie.
Géronte — [Il tire sa bourse, qu'il semble prêt à donner, puis la remet dans sa poche.] Tiens. Va, Scapin, je me souviens maintenant que je viens justement de recevoir cette somme en or. Mais je te la baillerai4 une autre fois.
2. un esquif : une petite embarcation légère.
3. les hardes : de vieux vêtements usagés.
4. je te la baillerai : je te la donnerai.
Lisez le texte dans votre manuel numérique.
Activité 2 - Comprendre
Activité 3 - Repérer et interpréter
- Il veut envoyer la justice après le Turc.
- Il propose de vendre ses vieux vêtements.
- À la fin, il remet la bourse dans sa poche alors qu'il a l'argent.
Activité 4 - Faire le bilan
Dans la scène II, 7 des Fourberies de Scapin, Scapin trompe Géronte pour lui soutirer de l'argent. Géronte est avare et égoïste : il refuse de payer pour sauver son propre fils. Ces défauts le rendent ridicule. Pour faire rire le spectateur, Molière utilise plusieurs types de comique (voir fiche de vocabulaire).
Activité 5 - Prendre des notes
On appelle cela le comique de gestes : le rire vient des actions et des mouvements des personnages.
On appelle cela le comique de répétition : le rire vient de la répétition d'un même mot, geste ou son.
On appelle cela le comique de mots : le rire vient du langage — mots répétés, réponses absurdes ou décalées.
On appelle cela le comique de caractère : le rire vient des défauts ou des traits exagérés d'un personnage.
On appelle cela le comique de situation : le rire vient de la situation elle-même — inattendue, absurde ou embarrassante.