Repères – Antigone et la tragédie

Projet 6 · 3e
Compétences
Objectifs
Problématique

Activités

Cadrage

Activité 1 - Lecture de la fiche

Lisez le texte dans votre manuel numérique.

Activité 2 - Comprendre la fiche repères p.1

1. À quelle époque et dans quelle civilisation naît la tragédie ?
La tragédie naît il y a plus de 2 500 ans, dans la Grèce antique, au Ve siècle avant Jésus-Christ. Elle est jouée à Athènes lors des grandes fêtes religieuses organisées en l'honneur de Dionysos, dieu du vin et du théâtre.
2. D'après Aristote, quel type de personnages met-elle en scène, et comment se termine-t-elle toujours ?
D'après Aristote, la tragédie met en scène des personnages nobles — des rois, des reines, des héros — confrontés à une situation impossible. Elle se termine toujours de façon malheureuse : mort, exil ou chute. Le spectateur ressent de la pitié pour les personnages qui souffrent, et de la terreur face à leur destin.
3. Qu'est-ce qui est au cœur de toute tragédie ? Pourquoi ce conflit est-il si particulier ?
Au cœur de toute tragédie se trouve un conflit. Ce qui le rend si particulier, c'est que les deux personnages qui s'affrontent défendent chacun une valeur juste. Ce n'est pas le bien contre le mal : c'est le devoir contre l'amour, la loi contre la conscience, l'ordre contre la liberté. Aucune des deux positions n'est entièrement fausse — et pourtant, il faut choisir. Ce choix impossible est le moteur de la tragédie.
4. Quelles règles les dramaturges français du XVIIe siècle doivent-ils respecter ?
Ils doivent respecter la règle des trois unités : unité de temps (toute l'action en vingt-quatre heures), unité de lieu (un seul endroit), unité d'action (une seule intrigue principale). Ils doivent aussi respecter la bienséance — la mort et la violence se passent hors de la scène — et la vraisemblance — tout ce qui se passe doit être crédible.

Activité 3 - Observer l'arbre
généalogique d'Antigone

Arbre généalogique d'Antigone

MÉNÉCÉE EURYDICE CRÉON JOCASTE LAÏOS ŒDIPE HÉMON ANTIGONE ÉTÉOCLE POLYNICE ISMÈNE
Que remarquez-vous sur cet arbre généalogique ? Quelle est la particularité de la famille d'Antigone ?
Œdipe a épousé sa propre mère Jocaste. Antigone est donc née d'une union interdite. Elle est fiancée à Hémon, son cousin (fils de Créon et Eurydice).

Activité 4 - Visionner un documentaire
sur le mythe d'Oedipe

1. Quelles fautes Œdipe commet-il sans le savoir ? Quelles en sont les conséquences pour lui et sa famille ?
Tue son père Laïos sans le savoir. Épouse sa mère Jocaste sans le savoir. Quand il découvre : s'arrache les yeux, part en exil. Malédiction sur toute la descendance.
2. Que se passe-t-il entre les deux frères d'Antigone après la mort d'Œdipe ?
Étéocle refuse de céder le pouvoir à Polynice. Ils se battent et s'entretuent. Créon devient roi.
3. Comment la pièce se termine-t-elle ? Quels personnages survivent à la fin ?
Antigone condamnée à mort. Hémon se suicide. Eurydice se suicide. Seul Créon et Ismène survivent.
Bilan — Le mythe d'Œdipe et d'Antigone :

Laïos déclenche une malédiction en commettant une faute grave contre les dieux : il est condamné à être tué par son propre fils. Il abandonne donc son enfant, Œdipe, qui grandit sans connaître ses origines. Sans le savoir, Œdipe tue son père et épouse sa mère Jocaste. Cette malédiction frappe ensuite leurs enfants : ses deux fils Étéocle et Polynice s'entretuent pour le pouvoir. Leur oncle Créon, devenu roi, interdit d'enterrer Polynice. Antigone désobéit pour rendre à son frère les honneurs funèbres — et cette désobéissance va la conduire à la mort.

Activité 5 - Comprendre la fiche repères p2.

La date de création est donnée dans la section « Jean Anouilh ». Cherchez ensuite ce que cette date signifie pour la France.
La pièce est créée le 4 février 1944 au Théâtre de l'Atelier, à Paris. À cette date, la France est sous occupation allemande depuis juin 1940. Les autorités nazies contrôlent tout : la presse, la radio, les publications et les spectacles. Toutes les pièces doivent être soumises à la censure avant d'être jouées.

Pensez à la censure. Que risquerait Anouilh s'il parlait directement de l'Occupation ? Qu'est-ce qu'un mythe grec lui permet de faire que la censure ne peut pas repérer ?
Anouilh choisit un sujet antique pour contourner la censure. Les autorités allemandes autorisent la pièce car elles n'y voient qu'un mythe grec inoffensif — elles ne perçoivent pas le danger. Pourtant, le public parisien de 1944, lui, comprend immédiatement : le mythe sert de masque pour dire ce qu'on ne peut pas dire directement.

Relisez la section « Les affiches rouges ». Puis faites le lien avec ce qu'Antigone fait dans la pièce : elle désobéit à un décret pour enterrer son frère. Qu'est-ce que cela rappelle aux Parisiens de 1944 ?
Les affiches rouges sont des avis officiels publiés par les autorités allemandes pour annoncer les exécutions de résistants français. On y lit le nom du condamné, le motif et la date de son exécution. Les familles ne peuvent souvent pas réclamer les corps ni les pleurer ouvertement. Quand Antigone brave le décret de Créon pour enterrer son frère et refuse de renoncer même face à la mort, les Parisiens reconnaissent leur propre situation : l'interdit de pleurer les morts, la menace d'exécution pour un simple geste d'humanité.
Bilan — La réécriture d'Anouilh :
Jean Anouilh réécrit Antigone en 1944, pendant l'Occupation allemande. Il reprend le mythe grec pour parler de son époque : son Antigone ressemble à une jeune résistante, et son Créon à un chef d'État qui doit faire régner l'ordre. La pièce pose ainsi la grande question de la séquence : quelle attitude face à la tyrannie — approuver, laisser faire ou résister ?