Évaluation – Les Fourberies de Scapin
- Lire et comprendre un texte de théâtre inconnu en mobilisant les acquis de la séquence.
- Identifier et interpréter les procédés comiques et les effets produits sur le spectateur.
- Évaluer la compréhension d'un texte inconnu et la maîtrise des notions étudiées au cours de la séquence.
Support
Activités
- Entrée du programme : Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire (récit, fiction)
- Œuvre : Le Roman de Renart (XIIe–XIIIe siècles)
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment les aventures du goupil Renart nous font-elles rire tout en révélant les défauts des hommes et les injustices de la société médiévale ?
- Compétence majeure : Lecture — Interpréter : Justifier son point de vue de lecteur
- Compétences mineures :
- Écriture — Écrire pour réfléchir, apprendre et mémoriser (réponses écrites aux questions de lecture — L1 à L4)
- Oral — Écouter une production orale et en mémoriser les principaux éléments (Arts & Culture — extrait Fantastic Mr Fox)
- Vocabulaire — S'approprier les mots importants de l'univers de l'œuvre étudiée (lexique de la ruse et de la satire)
- Évaluation : Lecture de « Le duel d'Ysengrin contre Renart » — ch. 9 manuel p. 226–227 — 14 pts compréhension + 6 pts langue (G5 : phrase simple/complexe — G6 : type et forme de phrase — Lex. : sens d'un mot lié à la ruse)
- Projet de production associé : PA4 — Écrire un nouvel épisode du Roman de Renart (écriture narrative)
Sujet
Léandre revient en ville et apprend que Scapin l’aurait trahi. Furieux, il cherche à lui faire avouer sa faute. Octave, son ami, tente de le calmer.
Correction
Acte II, scène 3 — Octave, Scapin, Léandre
Scapin – Monsieur, que vous ai-je fait ?
Léandre, voulant le frapper. – Ce que tu m’as fait, traître ?
Octave, le retenant. – Eh ! doucement.
Léandre – Non, Octave, je veux qu’il me confesse lui-même tout à l’heure la perfidie2 qu’il m’a faite. Oui, coquin, je sais le trait que tu m’as joué, on vient de me l’apprendre ; et tu ne croyais pas peut-être que l’on me dût révéler ce secret ; mais je veux en avoir la confession de ta propre bouche, ou je vais te passer cette épée au travers du corps.
Scapin – Ah ! Monsieur, auriez-vous bien ce cœur-là ?
Léandre – Parle donc.
Scapin – Je vous ai fait quelque chose, Monsieur ?
Léandre – Oui, coquin, et ta conscience ne te dit que trop ce que c’est.
Scapin – Je vous assure que je l’ignore.
Léandre, s’avançant pour le frapper. – Tu l’ignores !
Octave, le retenant. – Léandre.
Scapin – Hé bien ! Monsieur, puisque vous le voulez, je vous confesse que j’ai bu avec mes amis ce petit quartaut1 de vin d’Espagne dont on vous fit présent il y a quelques jours ; et que c’est moi qui fis une fente au tonneau, et répandis de l’eau autour, pour faire croire que le vin s’était échappé.
Léandre – C’est toi, pendard, qui m’as bu mon vin d’Espagne, et qui as été cause que j’ai tant querellé la servante, croyant que c’était elle qui m’avait fait le tour ?
Scapin – Oui, Monsieur : je vous en demande pardon.
Léandre – Je suis bien aise d’apprendre cela ; mais ce n’est pas l’affaire dont il est question maintenant.
Scapin – Ce n’est pas cela, Monsieur ?
Léandre – Non : c’est une autre affaire qui me touche bien plus, et je veux que tu me la dises.
Scapin – Monsieur, je ne me souviens pas d’avoir fait autre chose.
Léandre, le voulant frapper. – Tu ne veux pas parler ?
Scapin – Eh !
Octave – Tout doux.
Scapin – Oui, Monsieur, il est vrai qu’il y a trois semaines que vous m’envoyâtes porter, le soir, une petite montre à la jeune Égyptienne que vous aimez. Je revins au logis mes habits tout couverts de boue, et le visage plein de sang, et vous dis que j’avais trouvé des voleurs qui m’avaient bien battu, et m’avaient dérobé la montre. C’était moi, Monsieur, qui l’avais retenue.
Léandre – C’est toi qui as retenu ma montre ?
Scapin – Oui, Monsieur, afin de voir quelle heure il est.
Léandre – Ah ! ah ! j’apprends ici de jolies choses, et j’ai un serviteur fort fidèle vraiment. Mais ce n’est pas encore cela que je demande.
Scapin – Ce n’est pas cela ?
Léandre – Non, infâme : c’est autre chose encore que je veux que tu me confesses.
Scapin – Peste !
Léandre – Parle vite, j’ai hâte.
Scapin – Monsieur, voilà tout ce que j’ai fait.
Léandre, voulant frapper Scapin. – Voilà tout ?
Octave – Eh !
Scapin – Hé bien ! oui, Monsieur, vous vous souvenez de ce loup-garou, il y a six mois, qui donna tant de coups de bâton la nuit et vous pensa faire rompre le cou dans une cave où vous tombâtes en fuyant.
Léandre – Hé bien ?
Scapin – C’était moi, Monsieur, qui faisais le loup-garou.
Léandre – C’était toi, traître, qui faisais le loup-garou ?
Scapin – Oui, Monsieur, seulement pour vous faire peur, et vous ôter l’envie de nous faire courir toutes les nuits comme vous aviez de coutume.
Léandre – Je saurai me souvenir en temps et lieu de tout ce que je viens d’apprendre. Mais je veux venir au fait, et que tu me confesses ce que tu as dit à mon père.
Scapin – À votre père ?
Léandre – Oui, fripon, à mon père.
Scapin – Je ne l’ai pas seulement vu depuis son retour.
Léandre – Tu ne l’as pas vu ?
Scapin – Non, Monsieur.
Léandre – Assûrément ?
Scapin – Assûrément. C’est une chose que je vais vous faire dire par lui-même.
Léandre – C’est de sa bouche que je le tiens pourtant.
Scapin – Avec votre permission, il n’a pas dit la vérité.
— Il a volé et gardé la montre de Léandre : « C’était moi, Monsieur, qui l’avais retenue. »
— Il s’est déguisé en loup-garou pour faire peur à Léandre et le battre : « C’était moi, Monsieur, qui faisais le loup-garou. » 1 pt par faute correctement identifiée avec citation. Faute sans citation : 0,5 pt. Citation sans identification de la faute : 0,5 pt.