Lecture 1 — Premiers larcins
- Lire et comprendre un texte narratif
- Identifier les caracteristiques d'un personnage a travers ses actions et ses paroles
- Decouvrir comment Renart use de la ruse pour voler les jambons d'Ysengrin
Comment Renart reussit-il a tromper son oncle Ysengrin et a lui voler ses jambons ?
Activités
- Entrée du programme : Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire (récit, fiction)
- Œuvre : Le Roman de Renart (XIIe–XIIIe siècles)
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment les aventures du goupil Renart nous font-elles rire tout en révélant les défauts des hommes et les injustices de la société médiévale ?
- Compétence majeure : Lecture — Interpréter : Justifier son point de vue de lecteur
- Compétences mineures :
- Écriture — Écrire pour réfléchir, apprendre et mémoriser (réponses écrites aux questions de lecture — L1 à L4)
- Oral — Écouter une production orale et en mémoriser les principaux éléments (Arts & Culture — extrait Fantastic Mr Fox)
- Vocabulaire — S'approprier les mots importants de l'univers de l'œuvre étudiée (lexique de la ruse et de la satire)
- Évaluation : Lecture de « Le duel d'Ysengrin contre Renart » — ch. 9 manuel p. 226–227 — 14 pts compréhension + 6 pts langue (G5 : phrase simple/complexe — G6 : type et forme de phrase — Lex. : sens d'un mot lié à la ruse)
- Projet de production associé : PA4 — Écrire un nouvel épisode du Roman de Renart (écriture narrative)
Rappels
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Activité 1 - Lire le texte
Écoutez la lecture audio du texte dans votre manuel numérique.
Premiers larcins
Renart, un matin, entra chez son oncle, les yeux troubles, la pelisse1 hérissée. « Qu'est-ce, beau neveu ? Tu parais en mauvais point, dit le maître du logis2 ; serais-tu malade ? — Oui ; je ne me sens pas bien. — Tu n'as pas déjeuné ? — Non, et même je n'en ai pas envie. — Allons donc ! Hé, dame Hersent3, préparez à ce cher neveu une brochette de rognons et de rate4. »
Mais Renart attendait mieux de son oncle ; il voyait trois beaux jambons suspendus au faîte5 de la salle, et c'est leur fumet6 qui l'avait attiré. « Voilà, dit-il, des jambons bien en danger ! Savez-vous, bel oncle, que si l'un de vos voisins les apercevait, il en voudrait sa part ? À votre place, je ne perdrais pas un moment pour les détacher, et je dirais bien haut qu'on me les a volés. — Bah ! fit Ysengrin, je n'en suis pas inquiet ; même si on les voit, personne n'en goûtera jamais un morceau. — Comment ! même si l'on vous en demandait ? — Il n'y a pas de demande qui tienne ; je n'en donnerais pas à mon neveu, ni à mon frère, ni à qui que ce soit. »
Renart n'insista pas ; il mangea ses rognons et prit congé. Mais, le surlendemain à la nuit fermée, il revint devant la maison d'Ysengrin. Il monte sur le faîte, creuse et ménage une ouverture, passe, arrive aux jambons, les emporte, revient chez lui, les coupe en morceaux et les cache dans la paille de son lit.
Cependant le jour arrive ; Ysengrin ouvre les yeux : Qu'est cela ? Le toit ouvert, les jambons, ses chers jambons enlevés ! « Au secours ! au voleur ! Hersent ! Hersent ! Nous sommes perdus ! » Hersent, réveillée en sursaut, se lève échevelée : « Qu'y a-t-il ? Oh ! Quelle aventure ! Nous, dépouillés par les voleurs ! »
Renart cependant arrive : il avait bien mangé, il avait le visage reposé, satisfait. « Eh ! bel oncle, qu'avez-vous ? Seriez-vous malade ? — Je n'en aurais que trop sujet ; nos trois beaux jambons, tu sais ? On me les a pris ! — Ah ! répond en riant Renart, oui, voilà comme il faut dire : on vous les a pris. Mais, oncle, ce n'est pas tout, il faut le crier dans la rue, que vos voisins n'en puissent douter. — Eh ! je te dis la vérité ; on m'a volé mes jambons. — Allons ! reprend Renart, ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela : vos jambons, vous les avez mis à l'abri. — Cela n'est pas bien, fait alors dame Hersent, de ne pas nous croire. Si nous les avions, ce serait pour nous un plaisir de les partager, vous le savez bien. — Je sais que vous connaissez les bons tours. Pourtant ici tout n'est pas profit7 : voilà votre maison trouée ; il le fallait, j'en suis d'accord, mais cela demandera de grandes réparations. — Malheur en tout cas, dit Ysengrin, roulant des yeux, à qui m'a pris mes bacons8, si je viens à le découvrir ! »
Renart ne répondit plus ; il fit une belle moue, et s'éloigna en ricanant sous cape. Telle fut la première aventure de Renart.
d'après la traduction de Paulin Paris en 1861. Ch. 9 manuel p. 218–219.
Lisez le texte dans votre manuel numérique.
Activité 2 - Comprendre
Activité 3 - Repérer et interpréter
Activité 4 - Faire le bilan
Dans cet épisode, Renart trompe son oncle Ysengrin deux fois. Il joue d'abord le malade pour repérer les jambons, puis il revient de nuit les voler. Sa ruse lui permet de se moquer d'un personnage plus puissant que lui — sans jamais se battre.
Activité 5 - Prendre des notes
Pour chacun de ces mots tirés du texte, donnez son sens, puis employez-le dans une phrase de votre invention.
Ex. : Renart commit son premier larcin en dérobant les jambons d'Ysengrin.
2. le fumet : l'odeur appétissante d'un aliment.
Ex. : Le fumet du rôti attira tous les convives dans la cuisine.
3. un logis : l'endroit où l'on vit, une maison, une demeure.
Ex. : Les voyageurs cherchèrent un logis pour passer la nuit.
4. ricaner sous cape : rire en cachette, sans le montrer, souvent par moquerie.
Ex. : Il ricanait sous cape en voyant son camarade se tromper de réponse.