Lecture 3 – Au service de Blanchefleur
- Comprendre comment Perceval met en pratique les leçons de Gornemant
- Faire des liens entre deux textes d’une même œuvre
- Identifier les étapes du combat contre Clamadeu et comprendre ce qu’il révèle de l’évolution de Perceval
Comment Perceval met-il à profit les leçons de Gornemant ?
Activités
- Entrée du programme : Devenir héroïne/héros : destins romanesques (récit, fiction)
- Œuvre : Chrétien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal (XIIe siècle) — roman de chevalerie
- Problématique du projet d'apprentissage : Comment le récit des aventures de Perceval dessine-t-il le parcours d'apprentissage d'un héros dans lequel peut se projeter le lecteur ou la lectrice ?
- Compétence majeure : Lecture — Appréhender une œuvre : Comprendre et interpréter le parcours d'un ou de plusieurs personnages afin d'appréhender les enjeux de l'œuvre et la situer dans son contexte
- Compétences mineures :
- Lecture — Lire une œuvre : Poursuivre son apprentissage de lecteur autonome, contrôler sa compréhension
- Oral — Écouter : Écouter une production orale et en mémoriser les principaux éléments
- Vocabulaire — Enrichir : Mobiliser le vocabulaire nouveau pour améliorer ses productions écrites et orales
- Évaluation : Compréhension écrite sur un extrait de Perceval non étudié en classe (fin de séquence)
- Projet de production associé : PA2 — Écrire un récit de combat de chevalier (en groupe)
Rappels
Activité 1 - Lire le texte
En lisant ce texte, demandez-vous si Perceval les respecte.
Écoutez la lecture audio du texte dans votre manuel numérique.
Au service de Blanchefleur
Alors la jeune fille s’en retourna sans tarder voir son chevalier et lui parla courtoisement : « Seigneur, que Dieu vous accorde une bonne journée, car je sais bien que vous ne resterez pas longtemps ici, parmi nous. Vous ne gagneriez rien à prolonger votre séjour ; vous vous en irez, je m’y résigne, car il ne serait pas courtois1 de ma part d’y trouver si peu que ce soit à redire : vous n’avez trouvé, en effet, ni confort ni agrément auprès de nous. Mais puisse Dieu vous avoir préparé une hospitalité meilleure, avec plus de pain, de vin et de sel que vous n’en avez trouvé ici ! » Alors il lui répond : « Ce n’est pas aujourd’hui que j’irai chercher l’hospitalité ailleurs. Avant, j’aurai ramené la paix sur votre terre, si c’est en mon pouvoir. Si je trouve votre ennemi là-dehors, je ne le laisserai pas y traîner longtemps. Aussi ne vous tourmentez pas pour rien ; mais si je gagne et le tue, je vous demande de m’accorder votre amour comme ma récompense ; je ne voudrais aucune autre rétribution. » Alors elle lui répond, non sans coquetterie2 : « Seigneur, votre requête vise une bien pauvre chose et sans mérite. Mais si l’on vous la refusait, vous y verriez de l’orgueil ; c’est pourquoi je n’y ferai point d’objection. Et pourtant n’allez pas me demander de devenir votre amie avec, pour termes du contrat, l’obligation pour vous de mourir pour moi ! Car ce serait vraiment trop dommage. […] »
Clamadeu défie Perceval dans un combat singulier.
Quand Clamadeu le vit arriver avec l’intention de combattre avec lui, il eut une folle pensée, car il s’imagina qu’il allait très vite le désarconner. C’était une belle lande, sans obstacle, et il n’y avait là qu’eux deux, car Clamadeu avait dispersé et renvoyé tous ses gens3. Chacun avait mis en arrêt sa lance en l’appuyant sur le feutre de la selle. Ils s’élancent l’un contre l’autre sans autre défi ni harangue4. Fer tranchant, manche de frêne, chacun avait sa lance épaisse bien en main et ils s’élancent de toute la vitesse de leur cheval ; et les chevaliers étaient robustes, animés l’un pour l’autre d’une haine mortelle. Le choc est si brutal que le bois des écus craque, les lances se brisent et tous deux tombent à terre.
Vite, ils se relèvent d’un bond et s’affrontent de pied ferme. Le combat à l’épée est longtemps égal. Je pourrais vous en parler longuement, si je voulais m’y employer, mais je ne veux pas y consacrer ma peine, car un mot en dit autant que vingt. Finalement Clamadeu dut se rendre, bien malgré lui, […] il promit volontiers de se constituer prisonnier chez le roi Arthur.
© Éditions Gallimard, 1994.
De plumes et de pages 5e, Magnard, 2026, p. 38‑39.
Lisez le texte dans votre manuel numérique.
Activité 2 - Comprendre
Activité 3 - Repérer et interpréter
Activité 4 - Faire le bilan
Face à Clamadeu, Perceval applique les leçons de Gornemant : il combat d’abord à la lance, puis à l’épée quand les lances se brisent. Il épargne l’adversaire vaincu et secourt Blanchefleur. En faisant le lien avec les lectures précédentes, on mesure l’évolution de Perceval : du combattant ignorant de la lecture 1, il est devenu un véritable chevalier courtois.
Activité 5 - Prendre des notes
Lisez à voix haute la réplique de Perceval (lignes 9 à 14).
Appuyez-vous sur ce que vous savez du personnage pour choisir le ton à adopter.
- Je lis sans hésitation, en respectant la ponctuation.
- Je marque une pause aux points-virgules et aux virgules.
- Je choisis un ton assuré et courageux : Perceval est un jeune chevalier qui vient d’être adoubé, il ne doute pas de lui.
- Je lis la demande finale (« votre amour comme ma récompense ») avec un ton direct mais respectueux : Perceval est sincère, pas intimidé.