Evaluation - Les Métamorphoses
- Comprendre et interpréter un texte poétique en s’appuyant sur des indices précis.
- Identifier les notions de base de la versification ( vers, strophes, rimes).
- Réinvestir ses connaissances pour comprendre et analyser un poème inconnu.
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Sujet
La déesse Latone est contrainte de fuir avec Diane et Apollon, les deux enfants qu’elle a eus de Jupiter, pour échapper à la jalousie de Junon, épouse du dieu infidèle. Latone arrive en Lycie, épuisée et assoiffée.
Or voici qu’un jour où le soleil était particulièrement brûlant, la déesse, épuisée par la fatigue d’un long voyage, ressent le besoin pressant de boire […]. Elle découvre enfin, dans le creux d’une vallée, un petit étang avec une source d’eau pure. Sur ses rives, des paysans étaient en train de couper de l’osier et du jonc. Latone s’approche, elle s’agenouille au bord de l’eau et s’apprête à se désaltérer. C’est alors que cette bande d’hommes rustres, mal élevés et grossiers, se précipitent pour l’en empêcher :
« Pourquoi, dit la déesse, m’interdire de boire ? L’eau appartient à tout le monde ! Dans la nature, l’air, la lumière, et l’eau ne sont pas la propriété d’un seul, que je sache ! Je viens ici profiter d’un bien commun à tous. Et pourtant, je suis prête à vous le demander comme un bienfait, en vous suppliant. Je n’ai pas l’intention de me baigner dans cet étang, bien que je sois très fatiguée ; je veux seulement apaiser ma soif. Ma bouche est desséchée, je peux à peine parler ! Une gorgée d’eau sera pour moi le plus précieux des nectars. Laissez-moi boire et je reconnaîtrai que je vous dois la vie. Oui ! c’est bien la vie que vous me redonnerez avec cette eau. Ah ! laissez-vous au moins toucher par ces deux enfants que je tiens dans mes bras : ils n’ont plus de lait ; regardez comme ils vous tendent leurs petits bras ! »
Quel cœur était assez barbare pour rester insensible à ces douces prières ? Mais ces paysans refusent de l’écouter, et, sans la moindre émotion, ils repoussent Latone. Bientôt, ils ajoutent les menaces aux insultes : ils lui ordonnent de se retirer sur-le-champ. Ce n’est pas assez ! avec leurs mains, avec leurs pieds, ils font exprès de troubler l’eau de l’étang. Par pure méchanceté, ils sautent et resautent partout pour faire remonter la vase.
Cependant, la colère a fait oublier sa soif à la déesse ; sans s’abaisser davantage à des prières humiliantes, elle lève ses mains vers le ciel et s’écrie : « Eh bien ! vivez donc éternellement dans la boue de votre marécage ! » Déjà son souhait est exaucé. Les paysans plongent dans l’eau. Désormais, c’est leur élément : tantôt ils disparaissent tout au fond, tantôt ils montrent la tête, parfois ils nagent à la surface. Souvent ils se posent sur la rive de l’étang, souvent ils sautent pour rentrer d’un bond dans leur froide demeure aquatique. Sans même avoir honte de leur châtiment, ils exercent encore leur vilaine langue pour continuer à parler grossièrement. Même sous l’eau, on entend leurs cris qui insultent Latone. Mais déjà leur voix est devenue rauque, ils soufflent et leur gorge se gonfle sous l’effort, leur bouche béante se distend en proférant des injures ; leur tête rejoint leurs épaules et leur cou disparaît ; leur dos verdit ; leur ventre, qui constitue désormais la plus grande partie de leur corps, blanchit ; ils bondissent dans la boue du marais. Ce sont des ________________ !
| Élément transformé | Résultat |
|---|---|
| Voix | |
| Corps | |
| Dos / peau | |
| Déplacements |
Correction
Latone et les paysans de Lycie
Or voici qu’un jour, le soleil était particulièrement brûlant, la déesse, épuisée par la fatigue d’un long voyage, ressent le besoin pressant de boire […] Elle découvre enfin, dans le creux d’une vallée, un petit étang avec une source d’eau pure. Sur ses rives, des paysans étaient en train de couper de l’osier et du jonc. Latone s’approche, elle s’agenouille au bord de l’eau et s’apprête à se désaltérer. C’est alors que cette bande d’hommes rustres, mal élevés et grossiers, se précipitent pour l’en empêcher :
« Pourquoi, dit la déesse, m’interdire de boire ? l’eau appartient à tout le monde ! Dans la nature, l’air, la lumière, et l’eau ne sont pas la propriété d’un seul, que je sache ! Je viens ici profiter d’un bien commun à tous. Et pourtant, je suis prête à vous le demander comme un bienfait, en vous suppliant. Je n’ai pas l’intention de me baigner dans cet étang, bien que je sois très fatiguée ; je veux seulement apaiser ma soif. Ma bouche est desséchée, je peux à peine parler ! Une gorgée d’eau sera pour moi le plus précieux des nectars. Laissez-moi boire et je reconnaîtrai que je vous dois la vie. Oui ! c’est bien la vie que vous me redonnerez avec cette eau. Ah ! laissez-vous au moins toucher par ces deux enfants que je tiens dans mes bras : ils n’ont plus de lait ; regardez comme ils vous tendent leurs petits bras ! »
Quel cœur était assez barbare pour rester insensible à ces douces prières ? Mais ces paysans refusent de l’écouter, et, sans la moindre émotion, ils repoussent Latone. Bientôt, ils ajoutent les menaces aux insultes : ils lui ordonnent de se retirer sur-le-champ. Ce n’est pas assez ! avec leurs mains, avec leurs pieds, ils font exprès de troubler l’eau de l’étang. Par pure méchanceté, ils sautent et resautent partout pour faire remonter la vase.
Cependant, la colère a fait oublier sa soif à la déesse ; sans s’abaisser davantage à des prières humiliantes, elle lève ses mains vers le ciel et s’écrie : « Eh bien ! vivez donc éternellement dans la boue de votre marécage ! » Déjà son souhait est exaucé. Les paysans plongent dans l’eau. Désormais, c’est leur élément : tantôt ils disparaissent tout au fond, tantôt ils montrent la tête, parfois ils nagent à la surface. Souvent ils se posent sur la rive de l’étang, souvent ils sautent pour rentrer d’un bond dans leur froide demeure aquatique. Sans même avoir honte de leur châtiment, ils exercent encore leur vilaine langue pour continuer à parler grossièrement. Même sous l’eau, on entend leurs cris qui insultent Latone. Mais déjà leur voix est devenue rauque, ils soufflent et leur gorge se gonfle sous l’effort, leur bouche béante se distend en proférant des injures ; leur tête rejoint leurs épaules et leur cou disparaît ; leur dos verdit ; leur ventre, qui constitue désormais la plus grande partie de leur corps, blanchit ; ils bondissent dans la boue du marais. Ce sont des grenouilles !
| Voix | « leur voix est devenue rauque » |
| Corps | « leur cou disparaît », « leur gorge se gonfle » |
| Couleur | « leur dos verdit », « leur ventre blanchit » |
| Déplacement | « ils bondissent dans la boue du marais » |