Lecture 5 – Ne pas se fier aux apparences
- Lire et comprendre un texte littéraire, en identifiant ce qui est dit explicitement et ce qui est suggéré.
- Faire des liens entre un texte et d'autres textes ou expériences pour mieux comprendre.
- Comprendre comment le dénouement du conte révèle la vraie identité de Peau d'Âne et donne sa leçon de morale.
Comment la fin du conte montre-t-elle que les apparences sont trompeuses ?
Activités
Rappels
Activité 1 - Lire le texte
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Ne pas se fier aux apparences
Dans tout le royaume, on a proclamé que le prince épouserait la jeune fille dont le doigt serait assez fin pour lui permettre de porter l'anneau découvert dans le gâteau. Toutes les jeunes filles en âge de se marier accourent au palais. Mais aucune ne peut mettre la bague.
« A-t-on fait venir cette Peau d'Âne, qui m'a fait un gâteau ces jours derniers » dit le prince ? Chacun se prit à rire, et lui dit que non, tant elle était sale et crasseuse. « Qu'on l'aille chercher tout à l'heure, dit le roi ; il ne sera pas dit que j'aie excepté quelqu'un. »
La princesse, qui avait entendu les tambours et le cri des hérauts d'armes1, s'était bien doutée que sa bague faisait ce tintamarre2. Elle remit promptement sa peau d'âne, ouvrit sa porte ; et les gens, en se moquant d'elle, la menèrent chez le prince : « Est-ce vous, lui dit-il, qui logez au fond de cette allée obscure, dans la troisième basse-cour de la métairie ? – Oui, seigneur, répondit-elle. – Montrez-moi votre main », dit-il en tremblant et poussant un profond soupir…
Dame ! qui fut bien surpris ? Ce furent le roi et la reine, ainsi que tous les chambellans3 et les grands de la cour, lorsque de dessous cette peau noire et crasseuse sortit une petite main délicate, blanche et couleur de rose, où la bague s'ajusta sans peine au plus joli petit doigt du monde ; et par un petit mouvement que la princesse se donna, la peau tomba, et elle parut d'une beauté si ravissante, que le prince, tout faible qu'il était, se mit à ses genoux, et les serra avec une ardeur qui la fit rougir. Soudain le plafond s'ouvrit, et la fée des Lilas, descendant dans un char fait de branches et de fleurs de son nom, conta, avec une grâce infinie, l'histoire de la princesse.
[…] Pour ce mariage royal, il vint des rois de tous les pays ; les uns en chaise à porteur, d'autres en cabriolet ; de plus éloignés, montés sur des éléphants, sur des tigres, sur des aigles ; mais le plus magnifique et le plus puissant fut le père de la princesse qui heureusement avait oublié son amour impossible et avait épousé une reine veuve, fort belle. La jeune fille courut au-devant de lui ; il la reconnut aussitôt, et l'embrassa avec une grande tendresse4. Le roi et la reine lui présentèrent leur fils, qu'il combla d'amitiés. Les noces se firent avec tout l'éclat imaginable. Les jeunes époux, peu sensibles à ces magnificences, ne virent et ne regardèrent qu'eux.
Les fêtes de cet illustre mariage durèrent près de trois mois ; mais l'amour des deux époux durerait encore, tant ils s'aimaient, s'ils n'étaient pas morts cent ans après.
MORALITÉ.
Le conte de Peau d'Âne est difficile à croire ;
Mais tant que dans le monde on aura des enfants,
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire.
De plumes et de pages 6e, Magnard, 2025, p. 66-67.
Lisez le texte dans votre manuel numérique.
Activité 2 - Comprendre
Activité 3 - Repérer et interpréter
Activité 4 - Faire le bilan
Ce passage est le dénouement du conte : c'est la dernière étape, celle qui résout tous les problèmes et installe un nouvel équilibre. Le dénouement de Peau d'Âne est heureux — reconnaissance, mariage, réconciliation — mais ce n'est pas le cas dans tous les contes.
Le dénouement révèle aussi que les apparences sont trompeuses : sous la peau d'âne la plus laide se cachait une princesse d'une grande beauté. C'est la morale du conte : il ne faut pas juger quelqu'un sur son apparence.
Activité 5 - Retour sur ma lecture
… cache sa vraie identité sous une peau d'âne laide et repoussante.
… utilise la ruse pour se faire reconnaître du prince sans révéler directement qui elle est.
… retrouve à la fin son identité de princesse grâce à une bague glissée dans un gâteau.
— S'interroger sur l'intention de l'auteur : comprendre pourquoi l'auteur a fait certains choix dans l'histoire.
— Visualiser : me représenter mentalement la scène pour mieux la comprendre.
— Se poser des questions : repérer ce que le texte laisse dans le doute et chercher des indices pour y répondre.
— Faire des liens : connecter ce texte à d'autres contes connus pour mieux comprendre ce que Perrault veut dire.