Lecture 1 – Un impossible mariage
- Lire et comprendre un texte littéraire : identifier la situation initiale et l'événement perturbateur d'un conte
- Interpréter les réactions d'un personnage face à une situation impossible
- Identifier la situation initiale et l'événement perturbateur dans un conte
Comment une princesse peut-elle faire face à une situation impossible et injuste ?
Activités
Rappels
Activité 1 - Lire le texte
Écoutez la lecture audio du texte dans votre manuel numérique.
Charles Perrault, Peau d’Âne — Un impossible mariage
Mais il arriva que la reine fut tout à coup attaquée d’une très grave maladie, pour laquelle, malgré la science et l’habileté des médecins, on ne put trouver aucun remède. La désolation fut générale. La reine, sentant sa dernière heure approcher, dit à son époux qui fondait en larmes : « Trouvez bon, avant que je ne meure, que j’exige une chose de vous : il vous faut un fils qui vous ressemble pour vous succéder à la tête du royaume. Mais je vous demande instamment, par tout l’amour que vous avez eu pour moi, de ne vous remarier que lorsque vous aurez trouvé une princesse plus belle et mieux faite que moi ; j’en veux votre serment, et alors je mourrai contente. »
Enfin elle mourut. Jamais mari ne manifesta tant de chagrin ; pleurer, sangloter jour et nuit, furent son unique occupation.
Les grands du royaume vinrent prier le roi de se remarier. Cette proposition lui fit répandre de nouvelles larmes. Il allégua1 le serment qu’il avait fait à la reine, mettant au défi tous ses conseillers de trouver une princesse plus belle et mieux faite que sa femme, pensant que cela était impossible.
Effectivement il chercha, parmi les princesses à marier, celle qui pourrait lui convenir. Chaque jour on lui apportait des portraits charmants ; mais aucun n’avait les grâces de la reine : ainsi il ne se déterminait point2. Par malheur, il s’avisa de trouver que sa fille, la princesse, était non seulement belle et bien faite à ravir, mais qu’elle surpassait encore de beaucoup la reine sa mère en esprit et en agréments3. Il lui dit qu’il avait résolu de l’épouser, puisqu’elle seule pouvait le dégager de son serment.
La jeune princesse, remplie de vertu4 et de pudeur, pensa s’évanouir à cette horrible proposition. Elle se jeta aux pieds du roi son père, et le supplia, avec toute la force qu’elle put trouver dans son esprit, de ne pas la contraindre à commettre un tel crime.
La jeune princesse, outrée d’une vive douleur, n’imagina rien autre chose que d’aller trouver la fée des Lilas, sa marraine. C’est pourquoi elle partit la nuit même dans un joli cabriolet atelé d’un gros mouton qui savait tous les chemins. À son arrivée, sa marraine, la fée, qui aimait la princesse, lui dit qu’elle savait tout ce qu’elle venait lui dire. « N’ayez aucun souci, ma chère enfant, rien ne pourra vous nuire si vous exécutez fidèlement ce que je vais vous prescrire. Ce serait une grande faute que d’épouser votre père ; mais, sans lui désobéir, vous pouvez l’éviter : dites-lui que, pour remplir une fantaisie5 que vous avez, il faut qu’il vous donne une robe de la couleur du temps6 ; jamais, avec tout son amour et son pouvoir, il ne pourra y parvenir. »
« Oh ! pour le coup, ma fille, dit-elle à la princesse, nous allons mettre l’indigne amour de votre père à une terrible épreuve. Je le crois bien entêté de ce mariage qu’il croit si prochain ; mais je pense qu’il sera anéanti de la demande que je vous conseille de lui faire : c’est la peau de cet âne qu’il aime si passionnément, et qui fournit à toutes ses dépenses avec tant de profusion4 : allez, et ne manquez pas de lui dire que vous désirez cette peau. »
Lisez le texte dans votre manuel numérique.
Activité 2 - Comprendre
Activité 3 - Repérer et interpréter
Activité 4 - Faire le bilan
Dans Peau d’Âne, le conte s’ouvre sur une situation initiale heureuse : un roi vit dans un royaume merveilleux avec sa femme et sa fille. La mort de la reine est l’événement perturbateur : elle déclenche une crise en piégeant le roi dans un serment impossible. Face au danger, la princesse ne peut pas se révolter ouvertement : guidée par sa marraine, la fée des Lilas, elle utilise la ruse pour résister. Dans les contes, les personnages vulnérables s’en sortent grâce à leur intelligence.
Activité 5 - Conjugaison
Dans un récit au passé, le passé simple est utilisé pour les actions de premier plan qui font avancer le récit.